C’était vers la fin du mois d’aout que la mairie de Soulac m’appela pour m’annoncer que j’avais le job. Chaque année c’est la même histoire, j’ai le boulot d’un mec qui se désiste (encore un qui refoule du boulot). Cette année le travail est trop super. Je suis chargé de ramasser les différents objets délaissés par leur maître sur le sable chaud. Heureusement, comme la mairie* ne l’est pas elle m’en a donné une (pince) . A ma grande joie j’ai aussi hérité, pour ne pas éreinter ni irriter mes mains de magnifique gants en latex bleu. Ces gants, c’est pour nettoyer les toilettes des crottes et la douche des croûtes des sauveteurs. Vous savez ces gens qui se la pète avec leurs lunettes de soleil et leur peau bronzé juste parce qu’ils sauvent des vies. Notons au passage que chez ces personnes il y’a souvent un leader, qui a l’air froid malgré son exposition prolongé au soleil, et qu’il est toujours chauve.
Bon en gros une journée de travail ça ressemble à ça :
Je me lève à 5 heures 30, je prend un bol de muesli et j’avale une cuillère de café 100% arabica lyophilisé**, ouais sans eau parce j’ai bien l’impression celle de mon robinet me file la diarrhée. (Bon c’est pas vrai j’avale pas de café lyophilisé sans eau, mais j’ai essayé, c’est pas très bon et puis je crois bien que l’eau du Gange coule directement chez moi. Ça fait donc 7 jours que je ne bois que du jus de fruits.)
Bon après ça j’écoute 3 fois « les petits papiers » de Gainsbourg pour m’échauffer, me mettre dans le bain. Ensuite j’enfile mes tongs, un sweat et je traine mes jambes jusqu’à la plage (je précise que je me suis habillé au préalablement et que je ne vais donc pas au boulot nu sous un sweat et en tongs même si c’est classe mais légèrement osé (quoique vu les spécimens qui trainent sur la plage )).
Une fois arrivé, je vais saluer immédiatement mon collègue de travail, oui parce qu’il arrive toujours avant moi et parce que que je suis poli. Il s’appelle Mathieu et il a des lunettes. Ensemble on commence toujours par nettoyer les wc, ensuite moi je m’occupe de la douche pendant qu’il balaye. Ensemble on s’amuse trop bien. Bon en fait non pas du tout, y’a rien à faire, une fois j’ai essayé de m’amuser en lui balançant le gel de mon canard wc dans ses cheveux, on a pas trop rigolé en plus ça brule les yeux.
Hélas après tout ça, nos chemins se séparent, nous partons chacun de notre côté armé d’une pince (de lu) jaune est d’un sac poubelle. Les mégots et les papiers tremblent rien qu’a l’idée de notre présence, à moins que ce ne soit le souffle du vent glacé qui agitent ces connards de déchets.
Comme je suis sérieux, je fais mon travail, mais bon, c’est chiant, le temps passe aussi vite qu’une grand mère sous ritaline au volant d’une deux chevaux, c’est à dire pas très vite (je précise au cas où vous n’en n’auriez jamais vu). Heureusement j’ai la musique dans ma poche et cette liberté de geste sur la plage, il faut avouer que c’est agréable malgré tout de marcher seul les pieds nus sur le sable. Et puis personne pour surveiller votre travail.
Malheureusement la tranquillité ne dure qu’un temps, c’est vers 9 heures que les chiens promènent leur maitre et que les sportifs montrent le bout de leur short ou leur tenue moulante. J’ai remarqué un truc, depuis que je fais ce travail, les gens me disent bonjour quand ils passent à côté de moi, trop bien (:fir:). J’ai aussi le droit à des blagues trop marrantes du genre « héhé tu me sers pas la pince ».
Je fais quand même un métier dangereux, l’autre jour j’ai vu une famille de nudiste, je sais pas trop ce qu’elle foutait là. Et je peux vous dire que passer devant une dame nu en train de courir après son chien et devant un mec moustachu en train de se huiler les fesses c’est flippant. Et c’est pas tout, le lendemain je revois le type, il faisait son jogging, mais avait oublié de l’enfiler. Il avait la bite à l’air, ballotant de gauche à droite comme le pendule du professeur tournesol. J’ai attendus qu’il soit un peu loin pour me marrer.
Malgré les comiques, les sportifs, les chiens ou les nudistes errant sur les plages je me fais toujours aussi chier, et c’est plus la faute de l’eau ou de la carafe maléfique.
C’est vers 9 heures 30 que je commence toujours à saturer, j’en peux plus, je rentre donc dans ma période temporisation, je joue la montre , je m’assois dans un coin et j’attends.
C’est vers 10 heures 20 que je commence à remonter vers mon point de départ, une fois là haut je fais semblant de ranger et je me casse vers 10 heures 30 même si je dois débaucher normalement à 11 heures, c’est ça être rebel.
Si vous êtes sage je vous raconterais la fois où j’ai trouvé un volant de voiture et un pyjama..
Et non c’est pas intéressant.
* Ha la mairie , la mairie je veux te voir.
** C’est du café moulu entre les seins de Lio